un jour, un évangile

L’équipe d’Animation Pastorale et Pierre Samain ont décidé, dès l’annonce du second confinement, de proposer à certains paroissiens de lire l’évangile du jour et de transmettre la Parole qui les aura touchés, avec un rapide commentaire. Voici comment donc nous avons choisi de garder le lien entre nous tous, en partageant nos regards, nos sensibilités, notre richesse fraternelle. (les contributions sont classées par ordre décroissant. La plus récente est juste ci-dessous)

 

dimanche 29 novembre  – 1er dimanche de l’Avent

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » (Mc 13, 33-37)

Lorsque quelqu’un veille dans une communauté, tout le monde est en sécurité.  Là où nous sommes, dans notre travail, dans les services que nous rendons, dans le soin que nous prenons les uns des autres, apprends-nous Seigneur à veiller dans la foi, l’espérance et la charité.

Lorsque quelqu’un veille dans une communauté, tout le monde est en sécurité. En ces temps troublés que nous vivons, l’attente de ta venue, Seigneur, nous fait voir loin. Que ta grâce nous permette de tenir debout et attentifs, dans la patience et la bienveillance.

Lorsque quelqu’un veille dans une communauté, tout le monde est en sécurité. Seigneur, toi qui es l’inattendu fraternel, fais grandir en nous l’esprit de disponibilité et d’attention envers ceux que nous croisons, ils sont l’image de toi qui viens, comme nous-mêmes désirons être signes de ta venue.

Lorsque quelqu’un veille dans une communauté, tout le monde est en sécurité. Que ce temps de l’Avent soit le temps du témoignage renouvelé de notre amour pour toi, afin que tous grandissent dans la paix du cœur, le repos de l’âme, la joie de croire.

Mireille et Denis

 

mercredi 25 novembre

Il y a cette phrase de dimanche dernier (Mat 25, 31-46) qui m’interpelle particulièrement :

« Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mat 25, 31-46)

Cette phrase est encore plus vivante dans ce temps singulier de la pandémie ou je vois tous ces petits gestes de solidarité que chacun fait. Face à la Covid 19,  nous sommes tous sans exception les plus petits devant Dieu et c’est justement en restant frères que la solidarité et la fraternité nous ouvrent les yeux vers l’humilité pour nous présenter simplement  devant Dieu.

Olivier

 

samedi 21 novembre

voici la phrase que j’ai retenu de l’évangile dont j’ai été invité à méditer cette semaine:
« tous les jours, Jésus enseigne dans le temple » (19,47)
Pour moi cette phrase nous rappelle que même en ces temps difficiles Jésus nous apprend comment surmonter les difficultés et qu’il est présent dans notre coeur, qui constitue un véritable temple dont il est important de ne pas fermer les portes afin de recevoir pleinement son enseignement écrit dans la Bible. Je me souviens d’ailleurs avoir une Bible chez mes parents avec pour titre « ta parole est un trésor », toute pleine de belles couleurs, invitant profondément à la méditation et à la joie de l’Esprit.
Etienne

mardi 17 novembre

« En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Luc 19, 1-10)
Toute personne mérite le respect quel qui soit. Est-ce mon regard autour de moi ?…

Myriam

 

Homélie du dimanche 15 novembre – 4ème journée mondiale des pauvres

Aujourd’hui c’est la Journée Nationale du Secours Catholique, qui vient de rendre son rapport annuel: la pauvreté a augmenté surtout chez les jeunes. Et ce matin, dans la presse: plus de 300.000 SDF en France… C’est aussi la 4ème journée mondiale des pauvres, voulue par le Pape François, avec cette parole « prophétique »: « Personne n’est assez pauvre pour n’avoir rien à partager ».

Chacun de nous porte en son coeur tel ou tel évènement qui l’a marqué… pour moi c’est le drame qui s’est déroulé en mer. Plus de 140 sénégalais ont péri, leur embarcation ayant chaviré. Des hommes, des femmes, des enfants qui quittaient leur pays pour un avenir « meilleur »… que de familles, que d’amis touchés, éprouvés, endeuillés, c’est toute une nation qui pleure…

Et cette crise sanitaire qui déchire le tissu social, économique, familial…

C’est avec toute cette vie que nous nous rassemblons ce matin de la première journée de la semaine pour prier et célébrer le Seigneur, écouter sa parole et la méditer, recevoir son pain Corps du Christ pour la vie du monde.

Nous venons d’entendre la Parole de Dieu dans la parabole des talents. C’est d’abord un hommage à la liberté humaine. Ces talents symbolisent les qualités personnelles que nous avons reçues et les responsabilités qui nous ont été confiées: notre famille, nos amis, nos voisins, les personnes avec qui nous travaillons, notre monde et son environnement, notre « maison commune ». Dieu fait confiance à l’homme, il le veut libre, il nous fait confiance et s’en remet à nous et à notre liberté. Il nous invite et nous appelle en Christ à utiliser les dons reçus pour le bien de tous, pour le bien de notre univers. Il nous veut créatifs et nous invite à mettre de côté la passivité, l’inertie, afin de faire quelque chose de beau et de bon pour les personnes qui nous entourent.

Dans cette parabole le Christ nous appelle à ce que notre « présence », notre « manière d’être au monde » porte du fruit. Si nous nous arrêtons sur le « ème serviteur, nous voyons qu’en réalité il n’a pas cru à l’estime que son Maître avait pour lui, il n’a pas su accueillir sa confiance.

Dans l’encyclique Laudato si, le pape François souligne un élément fondamental, constamment rappelé dans la Bible: l’homme n’est pas propriétaire, mais appelé, convié à être partenaire dans la création, à partir des talents que le Seigneur lui confie. Le deuxième élément de cette parabole est la distribution, le don des talents. Ne pas se comparer aux autres, car il s’agit d’abord des talents que Dieu nous confie, à chacun, afin de les utiliser au mieux, à les partager et les faire fructifier au profit de tous.

« Personne n’est trop pauvre pour n’avoir rien à partager »… quelle parole prophétique !

Sachons nous émerveiller des talents des autres, ils sont différents des nôtres et tant mieux, le Seigneur l’a voulu ainsi. Et en église, ne nous croyons jamais propriétaires de la mission, car elle nous est confiée pour le bien de tous. Ce n’est pas parce que l’on a les clés d’un lieu d’église que nous devons vivre cela en « propriétaires », car on ne se donne pas une mission, mais on la reçoit, toujours. Alors, soyons serviteurs de nos frères en Christ. Nos talents, nos missions que le seigneur nous confie par la médiation de l’Eglise, comment les vivons-nous? Au service de  tous?

Le grand talent de Dieu, c’est qu’il nous a créé à son image et à sa ressemblance. Le grand talent de Dieu, c’est de nous avoir donné la liberté. Le grand talent de Dieu, c’est qu’il nous aime tels que nous sommes, avec une prédilection pour les petits, les pauvres de coeur. Le grand talent de Dieu, c’est qu’il nous veut partenaires d’un monde à faire ensemble. Le grand talent de Dieu, c’est qu’il nous a donné son Fils, notre frère qui nous appelle à vivre et à nous reconnaître tous frères en humanité.

Amen

 

dimanche 15 novembre

Denis vous partage le message de cette semaine de Mgr Ulrich (cliquez sur le lien)

https://www.youtube.com/watch?v=boAmRmbIYXQ

et Mireille cette tribune parue dans La Croix lundi 9 novembre dernier, et rédigée par Monique Baujard, doctorante en théologie et Anne-Marie Pelletier, bibliste.

 

Hors de la messe, pas de salut ?

Faut-il ajouter à la débauche de protestations, de revendications en circulation dans le corps social et dans l’Église ? Peut-être que oui, au vu de ce qui se passe en cette dernière, où une partie des catholiques s’est enflammée pour obtenir une exemption au confinement, que les autres religions ont accepté.

Voilà bien comment nous prenons notre part à la cacophonie et à la confusion ambiantes autour de la défense des libertés. À chacun son culte. Ici, celui d’une laïcité dont le fleuron ambigu serait le droit au blasphème. Là, celui du « culte » tout court, défendu avec des accents de piété irrécusable. Les catholiques font savoir qu’ils ont le droit d’« aller à la messe », une liberté non négociable. Et si peu négociable que l’on porte l’affaire devant la justice, pour confondre un État français, que l’on déclare en guerre contre les catholiques.

Sérieuse inconséquence à l’heure où il nous faut nous rassembler pour défendre tous ensemble une juste laïcité, contre la menace des communautarismes. Comme si une forme de trumpisation gagnait insidieusement les esprits, qui fractionne la société, creuse la méfiance de l’autre, fait se barricader dans une identité que l’on déclare menacée.

Une posture qui laisse songeur et inquiet. Comment assumer en vérité, c’est-à-dire de manière évangélique, notre mission de chrétien dans le monde ? Un monde agité de peurs, de colères, de frustrations. Où la peste de la désinformation et de la manipulation des esprits est aussi active que le virus. Où l’islamisme radical recrute gaillardement pour semer la terreur. Où le quotidien de beaucoup de Français, sur fond d’une pandémie sans fin, est la peur du chômage, de la misère, de bouleversements, qui laissent la jeunesse tragiquement aux prises avec un lendemain sans avenir.

Or, c’est bien dans cette conjoncture qu’il s’agit de vivre en chrétien, d’être porteur d’espérance contre toute espérance, témoin du Ressuscité face à de multiples désespoirs et aux succès insolents de la mort. Qui contestera qu’il nous faut puiser notre fidélité et notre énergie à partir de la source, c’est-à-dire du Christ ? Qui contestera que la vie sacramentelle est la modalité la plus naturelle de cette relation ? À condition cependant de ne pas laisser contaminer cette vérité par les étroitesses, qui voudraient qu’il n’y ait de vie chrétienne qu’à fréquenter les églises selon les protocoles du temps ordinaire. Et qui prétendrait en particulier assigner la relation au Christ à une participation dévote à la messe célébrée par des prêtres en présentiel ou en virtuel…

C’est peut-être le moment de réentendre Jérémie recevant, à l’heure du péril, l’ordre divin de se rendre au temple pour interpeller ceux qui en font un talisman protecteur. Cessez d’invoquer le « Temple du Seigneur ». C’est une autre fidélité qui est requise d’Israël à cette heure de crise ! Cela n’est pas sans rapport avec notre situation présente. Certes, c’est bien l’Eucharistie qui fait l’Église, en même temps que celle-ci la célèbre. Mais il est faux de prétendre que l’Eucharistie épuise les moyens par lesquels un chrétien partage la vie du Christ et a part à sa mission. C’est d’ailleurs le discours que l’institution ecclésiale s’est toujours empressée de tenir à l’égard des divorcés-remariés…

La privation provisoire de l’Eucharistie pourrait être l’occasion salutaire pour tous de reprendre conscience que la Parole de Dieu est, de façon tout aussi nécessaire, table de vie. Et qu’il suffit que deux ou trois soient réunis au nom du Christ, ouvrent ensemble les Écritures, pour que le marcheur anonyme du chemin d’Emmaüs leur soit présent, et que se renouvelle l’illumination des cœurs qui devrait être le ­préalable de toutes les fractions du Pain célébrées dans l’Église.

Belle occasion en fait d’expérimenter à neuf l’Église comme communauté de disciples. De se rappeler mutuellement que l’on n’est pas chrétien en se recroquevillant sur l’entre-soi, mais en sortant comme le Christ en sortie d’Évangile. Car la mission d’un chrétien a un nom que nous ne pouvons ignorer en ces jours de Fratelli tutti. C’est la fraternité ! Loin d’un plat humanisme, la première lettre de saint Jean nous apprend qu’elle est la vérification de l’amour de Dieu et, par conséquent, en christianisme, une réalité à densité mystique ! Tout comme elle est l’antidote à nos replis, qui ne font que conforter la relégation des croyants dans la sphère privée.

Ne nous leurrons pas, la véritable fidélité aujourd’hui n’est pas dans la défense crispée de pratiques auxquelles nous tenons légitimement mais qui, dans leurs formes traditionnelles, sont en train de s’effondrer. Elle a à voir plutôt avec une confiance et une générosité qui nous rendent créatifs de nouvelles formes de vie communautaire. Dans une ­solidarité avec une société remplie d’urgences, qui est le lieu où les chrétiens ont rendez-vous avec Celui dont ils reçoivent leur vie et leur mission.

 

samedi 14 novembre

Bonjour,
Voici la phrase de l’Evangile que j’ai méditée cette semaine et que je vous propose (comme nous l’a demandé Pierre Samain):« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». (Mt 25,13)
Très fraternellement.
Christophe

 

Vendredi 13 novembre

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr. Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera. En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. »

Pour moi ce texte est assez dur. Car Jésus nous dit que certains seront sauvés et d’autres non. Il dit aussi que nul ne sait quand ce jour viendra car il sera totalement inattendu.

En ce moment on entend beaucoup de gens dire des évènements présents que ce sont les signes de la fin du monde. Pourtant nul ne sait l’heure à laquelle le Christ reviendra ! Ce n’est donc pas cela qui devrait nous inquiéter mais plutôt le fait de savoir si nous serons sauvés ou pas. À prendre ou à laisser !

Pour reprendre les termes de l’évangile, que nous faut-il faire pour être sauvés ? Croire en Dieu, en sa parole et vivre de ses commandements. Car une Foi sans les œuvres est une Foi morte !

Jésus est mort sur la croix et ressuscité pour offrir le salut à tous. Et c’est justement un cadeau qu’il nous fait. Alors selon moi, Jésus veut nous interroger sur la réalité de notre Foi. Il nous invite dès maintenant à nous préparer à le rencontrer ; c’est-à-dire à vivre en notre cœur dès aujourd’hui. Comme si ce jour était le dernier. Cela ne veut pas dire ne rien prévoir pour l’avenir ou tout abandonner. Mais être prêt à paraitre devant lui dès maintenant si telle est sa volonté.

Quand je prête bien attention à cet évangile, ce qui me touche c’est la similitude entre ce qui se passe aujourd’hui et la vie de Noé. Où tout le monde semble distrait et incapable de se concentrer sur le plus important. Mais Jésus nous avertit que le moment décisif peut nous prendre au dépourvu.

L’évangile insiste avec un sentiment d’urgence sur la nécessité de prendre notre vie au sérieux. Je prie pour demander le discernement de mes priorités et pour ne pas me laisser distraire.

« L’une sera prise et l’autre sera laissée ». Pas au hasard car il est question de vivre de manière responsable. Je prie pour moi-même et pour mes proches, en particulier ce dont les choix de vie m’inquiètent.

Jeanine.

 

Mercredi 11 novembre

« ll ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas ». ‌J’aime l’idée que la communication se fasse malgré les obstacles. J’aime aussi beaucoup l’idée de mettre à mal les idées reçues du style « les étrangers viennent et nous piquent notre travail. Ils mettent le bazar. Etc… » Dans cet évangile, l’étranger a fait mieux que les concitoyens.

Grégoire